Izudin Asceric

Photo : archives privée

Moiré lancéolé

Je tombe en abondance
Je cherche ce qui fut déjà offert au jour qui ne vient pas
La liberté – on ne l’appelle pas ainsi
J’ai regardé
J’ai regardé à travers ces parois transparentes, les saisons et toi
Des signes
Je me rassure de ne pas être
Le désir arbitraire
D’avoir quelqu’un à qui
Imprégner le discours comme le fait l’Histoire
Je ne sais pas pourquoi j’écris
Je suis devenu la pluie

JAPON

Tout cela doit finir quelque part
Une enfance trop profonde erre
Toujours cet enfant, guidant quelqu’un qui n’est pas là
Comme s’il se répondait à lui-même
Et réfléchissait à ce que les autres trouvent d’étrange en moi
Une encyclopédie des noms fleuris
Une pensée, et c’est le meilleur moment pour quelqu’un
Je pars, non préparé à me nourrir
Le lis araignée
Une enfance trop profonde

MINE

Je n’ai pas éteint mes
Vieilles années et visages, et pourtant
Je reste un enfant
Les lumières éteintes sont
Des chemins obscures

Cette terre est le papier de quelqu’un, et nous
Les lettres écrites dessus

L’une a dévoré la première, l’autre
A dissous la seconde
Ils ont laissé un enfant qui ne connaît pas son origine

L’idéologie comme meurtrière de l’idée

NOUVELLE
            à Enes Halilović

Le siècle de loups a rencontré le siècle des ailes brisées
Et la vision naïve que tout naît de nous-mêmes
Et la grande nouvelle :
Être réel, être heureux, être fini, ce que je suis.

NARCISSE

Elles m’ont touché depuis longtemps

Ma lettre, tu n’es pas une obligation
Je respire, et quand j’ai froid
Mon souffle devient visible

Et ce n’est pas seulement le gel
Ce qui t’écrit est aussi ce qui te déchire
Et tranche la fumée par les doigts
Je n’oublie pas

Que donc, je sois à tes yeux un chemin dans les champs

Traduit du serbe par Simona Dmitrović

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