Dragana Jovanovic

Photo : archive privée

Prends soin de toi

Quand je partirai
Promets-moi
De veiller sur elle

Quand je partirai
Promets-moi
Qu’elle rira

Quand je partirai
Il y aura un déjeuner
D’assiettes en papier
Avec des épices en papier
D’une origine en papier
Hors de prix

Étudie
Aime-toi
Donne-toi une voix
Pour t’entendre toi-même

Quand tu reviendras
Et tu reviendras
Ma soupe se réchauffera
Elle sera la plus heureuse
Je t’écouterai
Même quand tu auras tort

Liste de courses

calme du matin
Bonheur en bocal
Un kilo de gens
qui m’aiment – ce n’est qu’ainsi que je consomme
quelques jurons
Un éclat d’ivresse
Trois litres de bonne santé
De la conscience congelée, deux ou trois sacs
10 morceaux de larmes
Calibrés à la joie
Une petite bouteille de conversation – si vous en avez une qui ne soit pas glacée
2 câlins, des larges
de la musique pour les pieds à emporter
Des sacs pour des questions idiotes
Des médicaments contre l’ulcère de la vie
Un paragraphe fumé de message agréable, si vous en dénichez
Et un paquet de café pour ceux qui sont loin

Je peux payer par carte ?

Cirque d’après-guerre

Parfois, ce n’est qu’une odeur près du corps
Parfois, une note qui m’étouffe
Parfois, une pensée
Collée au plafond
Parfois, des cris sur un innocent
Parfois, des ongles rongés
Parfois, un sourire
Et du rouge sur les lèvres
Parfois, des mots qui leur rient au visage
Parfois, des pleurs au milieu d’un boulevard
Parfois, une page griffonnée
Parfois, une chanson
Parfois, un flirt obscène avec un inconnu
Puis d’innombrables petites choses sordides
Qui ne mènent qu’à une chose
Mais qu’importe
Je suis cette
Dégueulasse
Horrible
Triste
Chose
Dont a débordé le sourire

Je roule des cigarettes

La fumée s’échappait de ma terrasse
Des gens presque normaux
Trop occupés
À regarder leurs pieds
Pour voir que je pendais
À la fenêtre
Avec des cigarettes qui n’étaient pas les miennes
Mes poumons brûlaient
Les fondations et le miel
Le lait avait tourné
La lune était grêlée
Le soleil se moquait d’elle
J’aurais fait de même
Pour être franche
Mais je n’ai pas cœur à
Lui essuyer les larmes

Quelque chose en moi est mort
L’enterrement a lieu tous les jours
De 13 à 14 heures
Entrée libre
Une boisson offerte
La deuxième est payante
Même pour moi, ce n’est pas donné
Mes sponsors étaient pauvres

Quelque chose en moi décide de vivre
S’il vous plaît
Enterrez-le avec moi

Le dessin qui n’existe pas

Il n’y a plus ces dessins
Papa, maman
Moi
Et la maison

Papa erre dans le monde
Maman est restée la même
Moi, je griffonne des poèmes et
Je pleure

Et non, je ne veux pas
Qu’on soit à nouveau nous
Qu’il revienne à la maison
Elle n’est plus

Elle est partie aux enchères
Comme le cadre
Promis au dessin
Qui n’existe pas

Traduit du serbe par Zivko Vlahovic

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